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LEREBOURG : LE « PAQUEBOT-USINE »

5. Le bateau

Ouvrières triant les fruits à l'intérieur du "bateau"

Ouvrières triant les fruits à l'intérieur du "bateau"

Le bâtiment le plus remarquable de l’usine est aussi celui qui contribue à forger une identité à l’usine Lerebourg, relayée par la publicité. Surnommé le « bateau », il a été construit entre 1941 et 1947 par l’architecte nancéien Georges Clément (1902-1981), pour abriter salles de cuissons, chaînes de fabrication et de conditionnement. Par la suite, le bateau accueillera les chaînes de fabrication de fruits au sirop et de gratins dauphinois. Le sous-sol était doté de tapis automatiques permettant le transport des produits finis dans l’entrepôt.

Le "bateau" et la salle Jean Ramée

Vue du bateau et de la salle Jean Ramée.

En 1968, une salle de fabrication supplémentaire est édifiée à la « proue » du bateau. Entièrement vitrée, dotée de lignes épurées, elle prend le nom de Jean Ramée, le premier époux de Madeleine Husson-Lerebourg, présidente-directrice générale de la société, mort au champ d’honneur en 1940. La salle est consacrée au conditionnement des haricots verts et de la compote de pommes. Jusqu’alors, le manque de place obligeait à démonter et remonter ces lignes de production à chaque saison.

Illustration publicitaire pour les établissements Lerebourg

Cette publicité pour les établissements Lerebourg reprend l'image du "paquebot-usine".

Le "bateau" lors de la crue de la Moselle de 1970

Le "bateau" lors de la crue de la Moselle en 1970

Eugène Lerebourg rêvait d’évoquer, sur les rudes terres lorraines, l’univers marin de sa Normandie natale. Percé de hublots et de fenêtres en bandeau, pourvu, à l’intérieur, de passerelles et de coursives, le bâtiment multiplie en effet les emprunts à l’architecture navale. L’édifice, long de 130 mètres, est pourvu, du côté de la Moselle, d’une avancée semblable à la proue d’un navire. Lors des crues de la Moselle, le bateau Lerebourg semble réellement fendre les eaux…

Lanterneaux sur le toit du "bateau"

Lanterneaux sur le toit en berceau du "bateau".

Georges Clément s’est également inspiré des théories du mouvement moderne, dont il retient notamment l’idée de la structure en béton armé. En outre, il fait appel aux services des ateliers Jean Prouvé, qui livrent cloisons et menuiseries métalliques, châssis pivotants et autres rampes de protection. Les proportions sont harmonieuses, les volumes équilibrés, la lumière bien répartie : les qualités structurelles et spatiales de ces constructions révèlent ainsi la modernité et la prospérité du « premier confiturier de France ».