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LEREBOURG : LE « PAQUEBOT-USINE »

Guingot, Corbin et le camouflage

Détail des fresques de Louis Guingot à l'usine Lerebourg Détail des fresques de Louis Guingot à l'usine Lerebourg

Ces détails des frises de fruits révèlent un sens de l'observation et une technique impressionniste, qui permirent à Louis Guingot de mettre au point la première peinture de camouflage.

Quand il revient en Lorraine en 1892, Louis Guingot se lie rapidement avec les artistes de l'Ecole de Nancy. Longtemps informelle, celle-ci devient officiellement, en 1901, l'Alliance Provinciale des Industrie d'Art. Guingot en est l'un des membres fondateurs, aux côtés de Gallé, Prouvé, Majorelle... et d'un mécène bien connu à Liverdun : il s'agit d'Eugène Corbin. Guingot et Corbin se connaissent, se fréquentent et s'apprécient. Tous deux sont à l'origine d'une invention décisive, bien que longtemps incomprise : le camouflage militaire.

A l'automne 1914, la bataille du Grand-Couronné, aux alentours de Nancy, fait rage. Leurs uniformes voyants exposent les soldats français à de graves périls... Guingot, mettant à profit son goût pour l'observation de la nature, imagine alors une peinture de camouflage aux teintes vertes, brunes, bleu sombre, réparties en taches irrégulières, qui permet de se fondre dans l'environnement naturel. Ayant mis au point un procédé de peinture sur textile résistant aux intempéries, il fait appel à son ami Eugène Corbin, directeur des Magasins Réunis, pour qu'il lui fournisse une veste de toile. La première tenue de camouflage était née, bien que l'état-major soit longtemps resté réticent...